
“Nos formations sont éprouvées d’abord par nous-mêmes pour nous assurer qu’elles vous emmèneront bien jusqu’au diplôme.”
Celle qui dit cela : Armelle Jany, directrice des opérations et de la formation professionnelle d’Artesane. Elle conçoit nos formations avec les professeurs, accompagne les élèves avec l’équipe formation pro et, l’an dernier, elle a passé le CAP broderie et retrouvé à l’examen d’autres élèves Artesane. Elle raconte ce que ça change de se mettre à leur place, comment se construit un CAP à distance, et pourquoi, selon elle, le temps se trouve toujours.
Pouvez-vous vous présenter, raconter votre parcours et votre rôle chez Artesane aujourd’hui ?
Je suis Armelle, directrice des opérations et de la formation professionnelle chez Artesane. Cette double casquette couvre des missions très différentes. Côté formation pro, je m’assure du bon fonctionnement et du développement de l’activité : concevoir les nouvelles formations avec les expert(e)s sur les sujets visés, travailler avec la super équipe formation pro (Astrid et Francesca) pour accompagner tous les élèves vers leurs objectifs, faire fonctionner la plateforme de formation, créer les outils pour un accueil et un suivi efficace des élèves, ou encore veiller au process qualité des formations… Côté opérations, j’ai un rôle principalement de chef de projet au cas par cas selon les priorités d’Artesane : concevoir les produits broderie de fin d’année, mettre en place les process logistiques, créer des outils informatiques répondant aux besoins de l’équipe… Et puis, par-dessus tout ça, un peu (de plus en plus) de broderie : concevoir des formations broderie, suivre des élèves en formation, travailler sur les contenus broderie d’Artesane, et broder, bien sûr !
Côté parcours, j’ai une formation initiale en sciences sociales qui m’a appris à travailler plus que ce sur quoi j’allais travailler, et c’est sans doute le plus utile. À ma sortie d’études, j’ai bifurqué vers Artesane où j’ai appris sur le tas le côté pratico-pratique de la gestion de projets d’entreprise au quotidien. Je n’étais pas encore assidue en arts du fil, même si j’avais déjà touché quelquefois une aiguille, mais j’étais déjà une adepte de la formation en ligne : j’en suivais un certain nombre sur des sujets principalement informatiques (parfois pendant mes cours en amphi, mais ne le répétez pas à mes anciens profs !), et j’étais déjà convaincue de ce qu’elles peuvent apporter à chacun(e).
Comment travaillez-vous avec les professeurs pour concevoir une formation ? Comment un CAP à distance est-il construit et suivi au quotidien ?
La première étape, à mon sens, est le travail du référentiel : pour un CAP, c’est de là que tout part et cela donne la direction à suivre. Ensuite, les professeur(e)s apportent le contenu, le savoir, les techniques ; mon rôle à moi est d’en faire l’ingénierie pédagogique : construire le plan de formation, répartir les enseignements en différents modules, penser le contenu et le positionnement des devoirs dans la formation, etc.
Il y a aussi une dimension technique : j’interroge les professeur(e)s sur la façon la plus pertinente de corriger un élève sur une compétence précise (on n’évalue pas de la même façon un essayage à réaliser, un exercice de gestion et un travail pratique de couture) et je mets en place les moyens techniques les plus pertinents pour réaliser cette évaluation dans de bonnes conditions.
La création d’une formation mobilise aussi quasiment toute l’équipe Artesane : l’équipe éditoriale pour la création et le tournage des cours vidéo, l’équipe artistique pour la conception des supports et modèles, l’équipe arts du fil pour le contenu des cours et la réalisation des modèles, l’équipe administrative pour la création du parcours d’inscription et du suivi des élèves, etc.
Et tout au long de la formation, c’est un travail d’échange permanent : pour chaque formation, nous organisons une réunion pédagogique tous les trimestres avec l’équipe au complet, pour effectuer des améliorations en fonction des retours des élèves et des profs.
Vous avez passé le CAP broderie chez Artesane l’année dernière. Qu’est-ce que ça change de se mettre à la place de vos élèves ?
Se mettre côté élève apporte mille éclairages nouveaux sur la façon dont il faut concevoir les formations. Déjà, je suis à leur place, je comprends mieux l’examen, son déroulé, ses attendus, ses difficultés. Ensuite, cela m’a permis d’échanger en temps réel avec les candidats : lors de mon examen du CAP broderie, j’étais avec d’autres élèves Artesane et j’ai pu discuter avec eux sur le déroulé de leur examen, ce qui leur a paru simple et ce qui était plus difficile. J’ai pu voir les points qu’il était intéressant de développer plus amplement dans les prochaines masterclasses ou dans des ajouts de contenu à la formation.
Par exemple, à mon retour d’examen, Marie-Gabrielle a tourné un cours entier complémentaire pour l’épreuve de dessin et nous avons travaillé avec Alabama, professeure sur la formation broderie, qui a créé une gamme complète d’exercices de dessin ajoutés dans chaque module.
Et au-delà de l’examen, cela me permet de tester “pour de vrai” la formation : appréhender moi aussi le rythme, le fonctionnement, identifier les manques et améliorations possibles. Mais je ne suis pas la seule ! Pour toutes nos formations, un membre de l’équipe Artesane l’a testée en vrai : Elisa en couture flou, Sarah en couture tailleur… Bref, nos formations sont éprouvées d’abord par nous-mêmes pour nous assurer qu’elles vous emmèneront bien jusqu’au diplôme !
De quoi êtes-vous la plus fière dans ce parcours ?
D’abord, d’avoir surmonté la broderie Lunéville : il y a 2-3 ans, je pensais “le Lunéville, jamais !” et maintenant c’est vraiment l’outil que je préfère. C’est une vraie bêtise de s’en tenir à l’image du Lunéville comme une broderie extrêmement difficile car réalisée depuis l’envers du tissu : en fait, avec de l’entraînement, cela se passe très bien et on débloque une vraie nouvelle compétence et rapidité en broderie. Et les cours de Marie-Laure sont vraiment incroyables, tant par sa pédagogie que par la façon dont ils sont filmés.
C’est aussi l’année de broderie et l’ensemble des travaux réalisés dont je suis fière : on fait énormément de choses durant cette formation, et je suis vraiment contente d’avoir maintenant mon carton de gammes de points et d’échantillons. On construit un abécédaire de techniques dans lesquelles puiser ensuite. Et on débloque une vraie liberté : quand on maîtrise toutes les techniques de base, c’est alors qu’on peut s’amuser et créer de nouvelles choses. C’est une vraie année de travail au bout de laquelle on peut se retourner pour mesurer ce qui a été accompli, avant de prendre son indépendance !
D’où vient votre passion pour la broderie et les arts du fil ?
Ma “passion” pour la broderie et les arts du fil date d’il y a quelques années. Avant Artesane, j’avais déjà cousu, brodé, tricoté un peu (et mal) étant plus jeune, mais il s’agissait plutôt de “tentatives créatives” plus ou moins abouties. Cela dit, dans mon carton de broderie, j’ai encore mon homard brodé avec un des premiers cours Artesane, bien avant que je n’y travaille : les prémices !
C’est vraiment en étant chez Artesane, en baignant jour et nuit dans les tissus, laines et fils colorés, en testant des cours surtout par curiosité, que j’ai développé mon goût pour la broderie et d’autres techniques d’arts du fil. Avec la broderie, j’ai trouvé une discipline que je me voyais pratiquer sur le long terme, pour mon loisir autant que professionnellement. Ce n’était pas prévu, mais me voilà maintenant brodeuse…
On raconte que vous visez un jour tous les CAP. Légende ou réalité ?
En réalité, c’est un mythe : je ne passerai pas de diplôme pour passer un diplôme, en tout cas pas sans une vraie appétence pour le métier derrière (donc non, je ne passerai pas le CAP plomberie, je le laisse à Anne-Sarah pour qui c’est une vraie aspiration). En revanche, là où la légende dit vrai, c’est que j’ai tendance à me lancer dans l’apprentissage de beaucoup de choses. En ce moment, j’apprends à utiliser une graveuse-découpeuse laser (et c’est vraiment génial) car j’y vois plein de projets possibles pour Artesane.
C’est d’ailleurs un de mes plus grands moteurs professionnels et ce que j’apprécie le plus dans mon travail chez Artesane : pouvoir tester beaucoup de choses différentes, lancer des projets un peu absurdes qui seraient beaucoup moins acceptés dans des entreprises plus grandes ou plus traditionnelles, et en faire l’occasion d’apprentissages divers et variés.
Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à se lancer dans un CAP en candidat libre, en parallèle d’un emploi ?
De un, de ne pas avoir peur : c’est un diplôme auquel absolument chacune et chacun peut prétendre, qui ne nécessite pas de pré-requis particulier, ni de connaissances préalables. Cela demande évidemment du travail et de l’assiduité, car il faut acquérir des savoir-faire professionnels parfois éloignés de notre réalité quotidienne, mais c’est parfaitement accessible à toute personne qui souhaite s’en donner les moyens.
De deux : le temps, ça se trouve ! C’est un des freins majeurs que l’on voit aujourd’hui : ne pas avoir le temps, bousculé(e) par les mille contraintes de la vie quotidienne ; et je le comprends tout à fait. Mais c’est aussi l’immense avantage du à distance : caler une heure par-ci, une heure par-là, et on se rend vite compte qu’on peut débloquer le temps requis. On peut broder devant sa série du soir, visionner les cours vidéo sur la pause déjeuner, etc. Évidemment, il y a des réalités de vie plus ou moins faciles à aménager, j’en ai conscience ; mais beaucoup de nos élèves ont des vies très riches (enfants, boulot, etc.) et parviennent au bout de la formation. Et en cas de souci pendant la formation, notre équipe administrative vous aide à trouver les meilleurs aménagements possibles. Bref, il serait trop dommage de ne pas tenter l’aventure pour une bête histoire d’heures !
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