
Artesane poursuit son travail de présentation de créateurs qui ont marqué la mode.
Elle est passée de rebelle à Lady, du mouvement punk à la Haute-Couture : elle est la reine du grand écart et a redéfini les codes de la mode avec audace et provocation. Elle n’a cessé de mêler l’art et la politique à ses créations pour secouer les consciences.
Elle peut se targuer d’avoir : introduit le streetwear dans la couture, imposé les premières baskets sur le podium ou enfilé un legging sous une pièce de confection. Avec sa capacité à créer des silhouettes excentriques, ses corsets réinventés et ses imprimés engagés : elle a marqué l’histoire de la mode et continue d’inspirer des générations entières.
Partons à la rencontre de Vivienne Westwood !
Artesane vous emmène explorer les 100 visages de 4 créateurs iconiques. Cette série a débuté avec Karl Lagarfeld et se poursuit acec Vivienne Westwood.
VIVIENNE ET LES DÉFILÉS

Vivienne Westwood n’a jamais créé des défilés. Elle a orchestré des spectacles.
De « Pirates » en 1981 à « Anglomania » en 1993, chaque défilé est une œuvre d’art qui a bouleversé les codes de la mode et redéfini l’expression créative sur les podiums.
Avec « Pirates », qui présente sa première collection sur un podium, elle réinvente l’histoire en s’inspirant de silhouettes du XVIIIe siècle français, fusionnant excentricité et élégance. Elle parvient à mêler histoire et subversion, créant une esthétique hybride qui brouille les frontières entre les époques. « Pirates » n’est pas seulement une collection, c’est une déclaration : la mode peut être à la fois un retour au passé et une avancée dans l’avenir.
La mode peut être à la fois un retour au passé et une avancée dans l’avenir.
En 1993, au défilé « Anglomania », Naomi Campbell fait une chute devenue légendaire, perchée sur des plateformes impossibles. Ce moment n’a fait que renforcer la puissance visuelle de Westwood : audacieuse, risquée, inoubliable. Cette chute, loin de nuire à l’image du défilé, est devenue iconique, symbolisant l’audace et le défi constant que représente l’univers Westwood : toujours prêt à repousser les limites de l’équilibre, littéralement et stylistiquement. Le fou rire de Naomi Campbell au moment de sa chute et les rires des mannequins en général sur les podiums de Vivienne Westwood font souffler un vent de légèreté et de libération.
Cette idée, on peut la tirer jusqu’au défilé « Erotic Zones » en 1995 qui dévoile une Kate Moss topless mangeant une glace, repoussant les limites de la provocation, du désir et de l’art vestimentaire.
Vivienne a transformé chaque défilé en une performance où la mode s’est révélée politique, poétique et profondément humaine.
VIVIENNE ET LA MUSIQUE

Au cours de sa carrière, le travail de Vivienne Westwood a toujours été accompagné d’une critique de son époque.
En 1971, quand la jeune ex maîtresse d’école fonde avec son mari de l’époque Steven McClaren la boutique Let it Rock, elle fonde une boutique de mode, mais pas du tout à la mode. À l’ère du disco et des paillettes, est-ce Vivienne Westwood qui a défini la mode punk ou les punks qui ont défini Vivienne Westwood comme leur styliste ? C’est presque impossible à dire.
Toujours est-il que dans la petite boutique Let It Rock, qui deviendra bientôt SEX, avant de changer encore de nom plusieurs fois, il y a un juke box. Et il y a une faune rock qui vient trainer. C’est dans cette boutique et en chantant sur ce juke box que Johnny Rotten fut recrutré par le groupe qui deviendra les SEX Pistols. McClaren sera le manager du groupe. Et en toute logique, Vivienne Westwood leur styliste. Elle intégrera du cuir, des picots, des imprimés provocateurs, des épingle à nourrices visibles dans les tenues punks : des codes qui seront repris par toutes une génération et qui aujourd’hui ont parfois intégré beaucoup plus classiquement nos garde-robes.
Dans le va-et-vient permanent de Vivienne Westwood entre passé et présent, la musique est probablement un des fils rouges comme l’indique ce détail qui n’en est pas un. Lors du défilé fondateur de mars 1981, les mannequins arborent des Walkmans, permettant notamment l’enregistrement illégal des chaînes de radio. Jouant sur la sémantique du mot, le pirate, de Vivienne Westwood, est probablement d’abord un sabordeur de radio et de musique.
Les SeX Pistols chantent God Save The Queen habillés par leur styliste : Vivienne Westwood
VIVIENNE ET LE CINÉMA


‘S’il est une série qui est devenue un cliché et une référence pour les passionnées de mode, c’est bien « Sex and the City ».
En 2008, le film dérivé de la série est très attendu et avec lui, le mariage de l’héroïne de la série. Le film consacre un long moment au choix de la robe, montrant une Carrie Bradshaw qui fond littéralement de joie après que Vivienne Westwood lui offre la robe.
« And just like that, Vivienne Westwood kicked my sweet little suit’s ass. » déclare Carrie… « And just like that », Vivienne Westwood est propulsée au sommet de la culture pop. Après la sortie du film, le nombre de demandes pour des créations mariage explose chez Vivienne Westwood. Quel joli paradoxe pour cette marque qui était née de codes punks ! Vivienne Westwood, un peu comme Karl Lagerfeld qui avait ouvert cette série de portraits, joue avec les contradictions pour notre plus grand plaisir.
Sarah Jessica Parker a récemment remis la robe pour la série « And Just Like That… » où elle incarne de nouveau l’héroïne New-Yorkaise.
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VIVIENNE ET LES MOTS

“Le XX ème siècle était une erreur : on y a prêché l’idée de fouler au pied le passé. On a appelé ça l’iconoclasme. C’est comme si on avait demandé à un scientifique de jeter au sol son laboratoire, ses techniques et ses compétences, de jeter au sol toutes les personnes qui, par le passé, ont été des génies”
Vivienne westwood
Dans les dernières années de sa vie, Vivienne Westwood s’est engagée avec sa fougue et sa ferveur dans la lutte pour une mode durable. Reniant une partie de la culture punk qu’elle jugeait décalée des révoltes désormais nécessaires, elle mit son instinct rebelle au service d’autres causes. Au cours des 20 dernières années, Vivienne a soutenu des centaines de causes, d’ONG, d’associations et de campagnes, dont Amnesty International, War Child et Liberty. Elle a aussi lancé son propre mouvement citoyen, Climate Revolution et devint ambassadrice pour Greenpeace.
Avec son regard s’achève cette série estivale de portraits de grands créateurs.
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