Maintenant que vous savez quel lainage choisir pour quel projet, il reste à apprendre les techniques et astuces pour préparer le tissu et le coudre de la meilleure manière. Parcourons ensemble toutes ces étapes.
Cet article couvre les techniques de couture des lainages. Pour bien choisir votre tissu en laine avant de commencer, retrouvez notre article Tissus en laine et lainages : comment choisir la bonne étoffe ->
SOMMAIRE
- Préparer son étoffe de laine – le décatissage
- Marquer et couper son étoffe
- Choisir le fil, l’aiguille et le pied presseur
- Le repassage en cours de projet
- Doubler son projet en laine
- Finir les coutures d’un projet non doublé
Préparer son étoffe de laine – le décatissage
Le décatissage est une étape indispensable avant de couper votre lainage. Il permet de stabiliser les fibres, d’éviter que le vêtement fini ne rétrécisse au premier lavage, et de garantir un tombé régulier. Il existe trois méthodes selon votre tissu et votre temps disponible.
Décatissage au fer
C’est la méthode la plus rapide, adaptée à la plupart des lainages courants.
- Étalez votre tissu bien à plat (sans le plier) et humidifiez-le avec un vaporisateur – cette étape permet de resserrer les fibres de laine en les chargeant d’humidité.
- Sélectionnez le réglage « laine » de votre fer en position vapeur et passez doucement le fer sur toute la surface, en le touchant à peine. Soyez particulièrement délicat avec un bouclé ou un tweed pour ne pas écraser le relief du tissu.
- Laissez sécher à plat pour que les fibres se resserrent définitivement. Important : ne manipulez pas le tissu quand il est encore chaud et humide pour ne pas le déformer.
Le pressing
Pour les laines les plus fragiles (un challis par exemple) ou les plus susceptibles de rétrécir (un crêpe), il est judicieux d’emmener l’étoffe au pressing avant de commencer. C’est du reste ainsi que vous traiterez le vêtement fini.
Précisez au pressing de ne pas « laver » le tissu mais de simplement le passer à la vapeur légère, sans le plier.
La méthode des tailleurs de Savile Row
C’est la méthode la plus traditionnelle – elle est simple mais demande de la patience. Elle présente l’avantage d’empêcher la laine de feutrer.
- Étalez une serviette de bain sur votre plan de travail.
- Sur cette serviette, étalez votre étoffe pliée en deux.
- Humidifiez le tissu avec un vaporisateur puis roulez (sans serrer) la serviette et le tissu ensemble.
- Laissez sécher pendant vingt-quatre heures.
Marquer et couper son étoffe de laine
Choisir la bonne méthode de marquage
La règle d’or : testez toujours votre méthode de marquage sur un échantillon avant de commencer. Vérifiez trois points : est-il facile à retirer ? Laisse-t-il des traces ? Combien de temps tient-il ? Pour un projet long (plusieurs jours ou semaines), privilégiez un marquage qui tient dans la durée.
Le crayon craie – très bonne tenue, mais risque de déformer le tissu en appuyant. À éviter sur les laines légères comme l’étamine.
La roulette – dépose une fine poudre de craie, délicate à appliquer. En revanche, la poudre s’envole rapidement et le marquage ne tient pas dans le temps.
La craie tailleur – le meilleur compromis. Bonne tenue grâce à son enrobage de cire, facile à tracer sans déformer le tissu. Vérifiez que le mélange cire/craie part facilement à l’eau sur votre tissu.
Le fil à bâtir – la méthode des tailleurs. Longue mais précise et pratique, elle permet de marquer les deux épaisseurs simultanément sans bouger les pièces. Recommandée pour les poches et les boutonnières afin d’éviter tout décalage.
La coupe
Privilégiez les ciseaux plutôt que le cutter rotatif pour couper la laine – la laine est par essence un tissu fibreux et les fibres risquent de se coincer dans la roue du cutter.
Choisir le fil, l’aiguille et le pied presseur
L’aiguille
Règle de base : plus le tissu est lourd, plus le diamètre de l’aiguille doit augmenter.
| Type de lainage | Aiguille recommandée |
|---|---|
| Challis, étamine (laines légères) | n°65 microtex ou n°70 universelle |
| Flanelle, twill, gabardine (poids moyen) | n°80 universelle |
| Caban, drap épais (poids manteau) | n°90 universelle |
Le fil
Vous pouvez utiliser du fil de polyester, de coton ou de soie sans problème. Le fil de soie présente cependant un avantage particulier pour une veste ou un costume dans une belle flanelle de laine : il se marie parfaitement avec la fibre de laine. La couture devient presque invisible, et vos ourlets invisibles à la main seront indétectables.
Le pied presseur
La laine n’exige pas de pied presseur particulier dans la plupart des cas – votre pied standard convient. Exception : si vous cousez un tissu qui a tendance à se déformer ou qui contient de l’élasthanne, le pied téflon est une excellente solution. Il facilite l’avance du tissu et évite les déformations.
Le repassage en cours de projet
La laine lustre facilement, notamment lorsqu’elle est associée à un tissage sergé comme celui d’une gabardine. Quelques règles d’or à respecter absolument :
- Utilisez toujours une pattemouille.
- Repassez la laine au maximum sur l’envers. Quand vous avez besoin de voir votre travail sur l’endroit, une pattemouille transparente (un carré de soie d’organza) peut vous sauver la mise.
- Ne faites pas de va-et-vient avec le fer : procédez par aplatis successifs sur le tissu.
Astuce : pour ouvrir les coutures d’un lainage épais (gabardine, drap), utilisez un jambon de tailleur ou roulez une serviette pour obtenir la bonne forme sous votre couture. Le fer appliqué par aplatis avec la pattemouille donnera un résultat net et professionnel.
Doubler son projet en laine
Pour quelle doublure opter selon le type de laine choisi ? De manière générale, privilégiez une fibre naturelle comme la soie ou le coton – les fibres naturelles s’entendent bien entre elles.
Soie charmeuse – idéale pour un projet ambitieux (manteau, jupe en belle flanelle). Agréable à porter, respirante, facile à presser au fer.
Bemberg – excellent rapport qualité/prix, qualités similaires à la soie charmeuse. Fibre artificielle à base de cellulose, donc respirante. Parfait pour doubler un manteau sans se ruiner.
Batiste de coton (le « Tana Lawn » de Liberty of London en est un exemple célèbre) – idéale pour doubler des projets en laine légère. Fait barrière contre le contact irritant de la laine sur la peau tout en respectant le tombé du tissu principal. Excellent choix pour tripler (traiter deux épaisseurs comme une seule pendant la couture) un pantalon.
La règle d’or à ne jamais oublier : évitez le polyester en doublure. Ce textile synthétique respire peu et ne présente pas de qualités antistatiques. Un manteau ou une jupe doublés en polyester se transformeront rapidement en étuve.
Finir les coutures d’un projet non doublé
Trois méthodes selon l’épaisseur de votre lainage :
Le gansage des coutures
Sans doute l’une des plus belles finitions, mais elle prend du temps. Parfaitement adaptée aux projets en laine de poids moyen ou lourd (pantalon de flanelle, manteau en gabardine). À éviter sur les laines légères comme l’étamine ou le challis – le biais leste trop les coutures et crée des surépaisseurs.
Les coutures anglaises
À réserver aux laines les plus délicates et les plus fines (challis, étamine, crêpe simple). Pour les laines plus épaisses, elles généreront des surépaisseurs et seront parfois impossibles à réaliser proprement.
Le crantage
La méthode la plus rapide. On coupe les marges de couture en zigzag à l’aide de ciseaux cranteurs. Adaptée aux lainages moyens. Moins élégante que le gansage mais très efficace pour un projet du quotidien.
La surjeteuse
La surjeteuse est aussi une très bonne solution pour finir les coutures des lainages. Elle convient à la plupart des épaisseurs et donne un résultat net et professionnel rapidement.
Pour aller plus loin
Retrouvez également notre article pour bien choisir votre lainage avant de commencer :
Tissus en laine et lainages : comment choisir la bonne étoffe ->
Et pour perfectionner vos techniques de couture sur lainages, retrouvez nos cours Artesane dédiés aux tissus lainages.





Merci pour cet article instructif et précieux pour nos futurs projets ! J’ai appris des choses, en particulier la méthode londonienne et le choix de la doublure !
Parfait cet article ! Je ne cesse de répéter inlassablement l’obligation de décatir (surtout mes shweshwe) et je me suis trouvée perplexe devant mon lainage de caban. De fait, ce sera pressing. Décatir le tissu comme il sera traité ensuite, c’est simple à retenir !
Bonjour, puis je utiliser du dil en laine avec un découvreuse pour coudre des patchs en laine sur un pull troué au coude ?
Merci!