La surjeteuse est une machine qui peut vite s’avérer être un allié de poids pour la réalisation de vos projets. Elle n’est bien sûr pas une machine indispensable pour débuter la couture mais comme elle permet d’obtenir des rendus propres et professionnels rapidement, la surjeteuse devient souvent un outil essentiel pour les couturières intermédiaires à avancées. Elle sera un atout crucial par exemple dans des domaines comme la lingerie ou le maillot de bain.
Voici donc nos conseils pour vous lancer dans l’utilisation de la surjeteuse.
Pourquoi utiliser une surjeteuse ?
Utilisation de la surjeteuse : le montage
La surjeteuse peut avoir de nombreuses utilisations. La première est le montage, c’est-à-dire la couture de deux tissus ensemble, de mailles ou de tissus extensibles. La seconde utilisation est la réalisations de finitions propres et jolies, comme le point roulotté, un ourlet serré et esthétique. La troisième utilisation principale est le surfilage d’un tissu, par exemple en chaîne et trame, avant le montage afin d’éviter que le tissu ne s’effiloche.
Autre usage de la surjeteuse : la couture de matières extensibles
Dans le domaine de la lingerie et du maillot de bain, la surjeteuse est indispensable pour coudre les matière extensibles. La surjeteuse permet donc de réaliser des finitions, du montage, mais aussi de la fantaisie, comme des fronces par exemple. Il est possible de l’utiliser pour réaliser des vêtement de sport « stretch » comme des leggings, afin d’assembler les matières extensible avec une couture plate dite « flatlock »
Pour ce genre de projets, il est également possible d’utiliser des fils différents. Par exemple, on peut utiliser des fils mousse dans les boucleurs de sa machine afin de conserver l’élasticité de la matière, la douceur sur la peau et de bien suivre le tissu, ce qui est impossible avec une machine à coudre familiale. La surjeteuse permet des coutures propres, précises, qui ne se déchirent pas, et qui s’approchent de la couture professionnelle.
Certaines surjeteuses peuvent même se rapprocher de machines industrielles dans les réalisations qu’elles proposent et leur facilité d’utilisation, bien qu’elles soient plus lentes. La surjeteuse s’utilise comme un complément à la machine à coudre. Elle s’utilise surtout pour coudre de la maille, lorsque l’on souhaite obtenir un beau rendu, là où la machine classique risque de détendre votre tissu.
Si vous voulez vous lancer dans l’utilisation d’une surjeteuse et que vous vous posez aussi bien les questions du choix du modèles que de son utilisation, nous vous recommandons notre cours de couture « Maitriser la surjeteuse, niveau 1 ».
Choisir sa surjeteuse
Vous trouverez tout type de prix sur le marché mais attention certaines machines sont moins performantes que d’autres et nous vous recommandons d’investir un peu dans votre première surjeteuse. Une bonne surjeteuse, si elle est bien entretenue, peut être gardée très longtemps. Cela vous évitera également de vous dégoûter de la surjeteuse si la vôtre est de mauvaise qualité et peu efficace. Les modèles de surjeteuses n’évoluant pas comme ceux des machines à coudre, vous pourrez garder la vôtre de nombreuses années. Dans leur cours vidéo sur la surjeteuse, Marie (@jeanineemoi) et Émilie comparent les 3 principales surjeteuses du marché pour que vous puissiez en comprendre les mécanismes de base et connaître les atouts de chacune. Vous découvrirez aussi bien l’enfilage d’une Babylock, d’une Brother ou d’une sujeteuse Pfaff Lidl.
ntSi enfiler quatre fils dans votre machine vous fait peur, ce qui peut en effet nécessiter un certain temps de prise en main, sachez qu’il existe des machines à enfilage automatique. Des modèles comme l’Admire 1000 utilisent une technologie à air comprimé afin d’enfiler automatiquement ses fils. Cela permet d’éviter d’enfiler manuellement ses trois ou quatre fils lorsque l’on change ses bobine pour coudre une matière d’une autre couleur par exemple.
Les machines combinées : SURJETEUSE-RECOUVREUSE
Il existe également des machines « hybrides » permettant d’effectuer le travail d’une surjeteuse et d’une recouvreuse. La recouvreuse permet d’avoir une double aiguille et une chaînette de l’autre côté du tissu, comme ce que l’on peut trouver dans les finitions de la plupart des tee-shirts et sweatshirts du prêt-à-porter. Cette machine combinée permet donc d’effectuer des finition et un point de recouvrement.
La surjeteuse combinée est donc l’outil idéal si vous avez pour projet de coudre beaucoup de maille comme des tee-shirt ou des sweatshirt par exemple. Si vous comptez réaliser vous-même la garde de robe de vos enfants chaque saison, cette machine sera votre meilleure alliée pour coudre rapidement avec de belles finitions. Vos finitions tiendront beaucoup plus dans le temps, et vous irez beaucoup plus vite.
Une alternative à cette machine combinée existe avec la double aiguille de la machine à coudre familiale, mais le travail sera beaucoup plus lent et vos réalisations dureront moins longtemps.
Si vous possédez une sujeteuse-recouvreuse et qu’elle prend la poussière dans votre placard faute de prise en main, Christelle Beneytout a conçu LE cours qu’il vous faut !
Le fonctionnement de la surjeteuse
La surjeteuse permet d’obtenir des finitions propres, et de couper le tissu en même temps grâce au couteau intégré. Elle utilise trois à quatre fil en même temps, selon que vous décidiez d’utiliser une ou deux aiguilles en fonction des finitions souhaitées. Deux fils sont enfilés dans les boucleurs, et un ou deux fils dans les aiguilles.
Les fils passent dans des disques permettant de régler leur tension. Les deux disques des boucleurs sont à droite, et les deux disques des aiguilles sont à gauche. Le couteau de la surjeteuse est également réglable, tout comme la largeur du surjet, pouvant aller du roulotté très serré à un point très large.
Le conseil de Charlotte Jaubert, professeure de couture lingerie chez Artesane :
Un point essentiel lorsque l’on utilise une surjeteuse est de toujours faire des tests avant de coudre afin de vérifier que la tension des fils est bonne. Pour vérifier la tension, cousez vos deux tissus ensemble, et ouvrez la couture. Si la couture s’ouvre, la tension est trop faible, et il faut donc régler la tension de vos fils avec les disques. Chaque surjeteuse a sa propre sensibilité et nécessite des réglage différents. Il vous appartient donc de faire vos propres tests.
Attention, contrairement à une machine classique, la surjeteuse ne fait pas de marche arrière, ni de point d’arrêt. Pour faire sortir votre tissu, il vous faut continuer à coudre dans le vide après l’avoir cousu votre tissu. Laissez alors la machine former une chaînette, sans la faire trop courte. Si votre chaînette n’est pas assez longue, votre machine risque de se désenfiler.
Entretenir votre surjeteuse
Pour que votre machine soit toujours performante et que vous puissiez l’utiliser des années et des années, un entretien régulier est nécessaire. Puisque la surjeteuse coupe le tissu en même temps qu’elle coud, des petit morceaux de chutes peuvent tomber dans la machine et s’y agglomérer. C’est pourquoi il est important de bien la nettoyer. De plus, bien que les surjeteuse soient assez légères et portables, nous vous déconseillons les transports trop fréquents. Enfin, un entretien complet annuel permettra à votre machine de rester performante et de perdurer.
Et si vous cherchez un protocole complet pour prendre soin de vos machines à coudre et sujeteuse, vous pouvez suivre le cours de Nkoko et Marie respectivement réparateur de machine chez A.N.Y Réparations et professeure de couture à La Fabique à Couture.
Les astuces d’UNE PROFESSEURE DE COUTURE POUR UTILISER SA SURJETEUSE
Voici quelques astuces développées par Charlotte Jaubert professeure de couture lingerie et grande utilisatrice de la surjeteuse afin de vous faciliter la vie lorsque vous utilisez la vôtre.
Si jamais vous remarquez que votre surjeteuse se dérègle sans raison, et que vous n’arrivez pas à trouver vos réglages, remettez tous vos disques sur zéro, et recommencez vos réglages. N’oubliez pas que faire des tests de tension de vos fils est indispensable pour utiliser votre machine de manière optimale.
Si vous avez opté pour une machine à enfilage manuel, Charlotte à une technique pour changer de bobine de manière plus rapide. Il vous suffit de couper votre fil au niveau du guide-fil, et d’attacher votre nouveau fil avec l’ancien encore enfilé dans votre machine à l’aide d’un nœud. Tirez ensuite votre fil et enfilez-le, sans faire passer le nœud dans le disque, au risque qu’il se défasse, jusqu’à se ce que votre nouveau fil ait remplacé l’ancien.
Enfin – ce n’est pas une astuce mais plutôt un détail technique –, sachez que la couture à la surjeteuse ne nécessite pas de relever le pied de biche, contrairement à la couture à la machine classique. Les grilles d’entraînement sont très larges, et votre tissu sera donc entraîné sans avoir besoin de relever le pied.
Si jamais vous souhaitez vous mettre à la couture à la surjeteuse, Artesane vous propose des cours dédiés à l’utilisation de la surjeteuse
Régler sa surjeteuse selon le tissu
Les réglages de la surjeteuse ne sont pas universels : ils varient selon le type de tissu cousu. Voici les paramètres clés à ajuster :
La tension des fils
C’est le réglage le plus important et le plus délicat. Faites toujours un test avant de commencer. En règle générale :
- Tissus légers (mousseline, viscose, jersey fin) – tension plutôt basse (2 à 3 sur la plupart des machines)
- Tissus moyens (coton, jersey standard, lin) – tension moyenne (3 à 4)
- Tissus épais (jean, lainage, toile) – tension plus élevée (4 à 5)
Si votre couture présente des boucles sur l’endroit – la tension du boucleur inférieur est trop lâche, serrez-la. Si votre couture présente des boucles sur l’envers – la tension du boucleur supérieur est trop lâche, serrez-la. Si le tissu se plisse sous le point – la tension générale est trop forte, desserrez.
La longueur de point
- Courts (1,5 à 2 mm) – pour les tissus fins et les courbes serrées
- Moyens (2,5 à 3 mm) – pour la plupart des projets courants
- Longs (3 à 4 mm) – pour les tissus épais ou pour les fronces
Le différentiel
Le différentiel est l’un des atouts majeurs de la surjeteuse par rapport à la machine classique. Il contrôle la vitesse d’avancement du tissu en entrée vs en sortie :
- Différentiel à 1 (neutre) – pour les tissus stables (coton, lin)
- Différentiel > 1 (jusqu’à 2) – pour les tissus extensibles qui ont tendance à s’étirer (jersey, maille) — il « comprime » légèrement le tissu pour éviter qu’il ne s’allonge pendant la couture
- Différentiel < 1 (jusqu’à 0,7) – pour créer des fronces ou travailler des tissus qui ont tendance à se rétrécir
La largeur du surjet
Réglable via la position du couteau et/ou le pied presseur, elle détermine la largeur du point de surjet (de 3 à 7 mm selon les machines). Une largeur plus étroite convient aux tissus fins et aux finitions soignées ; une largeur plus large est plus solide pour les assemblages sous tension.
Quelle surjeteuse choisir ?
Charlotte insiste sur l’importance d’investir dans une bonne machine dès le départ. Voici les critères à prioriser selon votre usage :
Vous débutez et cousez des projets variés
Une surjeteuse 3/4 fils avec différentiel suffit amplement. Privilégiez un modèle avec un enfilage simplifié (guides colorés, schéma clair) pour ne pas vous décourager. Budget indicatif : 300 à 500€. Les marques Janome, Brother et Pfaff proposent d’excellents modèles dans cette gamme.
Vous cousez beaucoup de maille (tee-shirts, leggings, vêtements de sport)
Une surjeteuse combinée surjeteuse/recouvreuse (aussi appelée « serger-coverstitch ») est idéale. Elle permet de réaliser le point de recouvrement des ourlets de tee-shirts directement, sans changer de machine. Budget indicatif : 500 à 900€.
Vous cousez de la lingerie ou du maillot de bain
La surjeteuse est indispensable dans ce domaine : c’est d’ailleurs pour ça que Charlotte Jaubert, spécialiste lingerie, en fait son outil de prédilection. Privilégiez une machine avec un bon différentiel et la possibilité d’utiliser des fils mousse dans les boucleurs.
L’enfilage automatique
Si l’enfilage manuel vous rebute, plusieurs marques proposent des systèmes d’enfilage automatique à air comprimé (Husqvarna Viking, certains modèles Janome). Le prix est plus élevé mais le gain de temps est réel, surtout si vous changez souvent de couleur de fil.
Quel que soit le modèle, testez-le en magasin avant d’acheter si possible — la prise en main et le bruit de la machine sont des critères importants que les fiches techniques ne capturent pas.
Questions fréquentes sur la surjeteuse
Peut-on coudre sans surjeteuse ?
Oui tout à fait. La surjeteuse n’est pas indispensable pour débuter la couture. Un point zigzag à la machine classique permet de surjeter les coutures correctement. Pour les tissus extensibles, un point élastique ou le point « overlock » disponible sur de nombreuses machines modernes donne un résultat satisfaisant. La surjeteuse apporte de la vitesse, du confort et une finition plus professionnelle — mais elle n’est pas obligatoire.
Quelle est la différence entre une surjeteuse et une machine à coudre ?
La machine à coudre réalise des coutures solides avec des points droits, zigzag et fantaisie. Elle peut faire de la marche arrière et du point d’arrêt. La surjeteuse, elle, surfile les bords, coupe le tissu et coud en même temps — plus rapidement et avec un résultat plus élastique. Elles sont complémentaires : la machine à coudre pour les coutures principales, la surjeteuse pour les finitions et les matières extensibles.
Faut-il une surjeteuse pour coudre de la lingerie ?
La surjeteuse est très fortement recommandée pour la lingerie — elle est quasi indispensable dès que vous travaillez des matières extensibles (jersey, lycra, powermesh). Elle permet de réaliser des coutures élastiques qui ne casseront pas au porté, contrairement à un point droit classique. C’est pour cette raison que Charlotte Jaubert, notre professeure spécialisée en lingerie, l’utilise systématiquement.
Comment éviter que la surjeteuse ne se dérègle ?
Trois causes principales de dérèglement : une tension de fils incorrecte (toujours faire un test sur chute avant de commencer), un enfilage incorrect (refaire l’enfilage complet si la machine se comporte bizarrement), ou une machine encrassée (nettoyer régulièrement la zone du couteau et des boucleurs). Si rien ne fonctionne, remettez tous les disques sur zéro et recommencez vos réglages depuis le début — c’est l’astuce de Charlotte.
Peut-on utiliser n’importe quel fil dans une surjeteuse ?
La surjeteuse utilise des cônes de fil (plus grands que les bobines classiques) car elle consomme beaucoup de fil. N’importe quel fil couture du commerce convient, mais pour les matières extensibles, Charlotte recommande d’utiliser des fils mousse (Woolly Nylon) dans les boucleurs — ils donnent de l’élasticité et de la douceur à la couture, idéal pour la lingerie et les leggings.
Pour aller plus loin
À bientôt chez Artesane !





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